La production de plantes médicinales : un métier du vivant exigeant
  • N151 Mars Avril 2026
  • Dr Agnès Karinthi-Doyon, ingénieur agronome et agricultrice, Menetrux-en-Joux (Jura)

La culture des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (les PPAMs) représente une faible part de l’agriculture en France métropolitaine. Le regain d’intérêt pour la profession est né du bouleversement du monde agricole depuis les années 1960 et a fortement cru entre 2010 et 2020. Aujourd’hui, les producteurs pratiquent à la fois la culture et la cueillette sauvage de PPAMs. Plus de 700 espèces de plantes médicinales sont récoltées. Les plus gros producteurs (5,9 % des exploitations) cultivent les PPAMs les plus connues. Quant aux plus petits (67,3 %), ils assurent la préservation des milieux naturels délaissés et commercialisent leurs produits en circuit court. La cueillette sauvage a pris un tel essor qu’une réglementation encadre désormais la cueillette de certaines espèces menacées localement. Des guides techniques sont également rédigés pour sensibiliser les professionnels à la préservation des ressources dans leur biotope naturel.

Les principes actifs recherchés en phytothérapie pouvant se trouver dans des parties spécifiques d’une plante, l’agriculteur doit cibler sa récolte en fonction du marché auquel il destine ses produits. Il assure les premières étapes de la transformation, le séchage des plantes en particulier, puis il transfère les extraits végétaux à l’aval de la filière.

Qu’en est-il du romarin (plante des garrigues) et de la reine des prés (plante des prairies humides) ? À pression de cueillette égale, la menace sur la ressource sauvage du romarin est élevée, beaucoup moins préoccupante pour la reine des prés. En phytothérapie, ce sont les parties aériennes du romarin qui sont récoltées et transformées. Quant à la reine des prés, les principes actifs sont contenus uniquement dans ses inflorescences.

Les cultivateurs et les cueilleurs sont garants de la qualité des produits qu’ils commercialisent, mais aussi de la préservation des richesses des milieux naturels. À l’autre extrémité de la filière, les phytothérapeutes doivent s’assurer que les produits qu’ils achètent sont conformes à leur cahier des charges.

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